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 Belle du seigneur

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Danielle

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Nombre de messages : 126
Date d'inscription : 05/09/2006

MessageSujet: Belle du seigneur   Dim 17 Sep - 1:30

RESUME

Ariane d'auble, issue d'une famille heureuse et riche, vit assez mal sa situation de jeune orpheline désargentée. Elle tente de se suicider. Sauvée par un voisin de palier qu'elle épouse, Adrien Deume, bgeois assez quelconque employé à la SDN, elle coule une existence terne et insatisfaisante, se réfugiant la plupart du tps ds ss svnirs d'enfance

Solal, héros donjuanesque, beau juif de Céphalonie est amoureux d'Ariane depuis qu'il l'a rencontrée au cours d'une soirée. Il tente de la séduire d'une manière très originale mais ne fait que l'effrayer : C’est sous l’apparence d’un vieillard édenté qu’il essaie de la séduire (cf incipit)

Solal, sous secrétaire général à la SDN profite de son statut pour éloigner Adrien en l'envoyant en mission à l'étranger (geste que ce dernier ressent comme un comble d'honneur...alors qu'il permet à Solal de mieux conquérir sa femme)

En maître séducteur , Solal use d'une stratégie amoureuse éblouissante et raffinée ...Ariane n'y résiste pas longtemps. Commence alors une passion hors du commun : les débuts de cet amour se vivent ds l'exaltation la plus folle, hors du temps, sans une fausse note, trop parfaits d'ailleurs.

Les oncles de solal le mettent en garde vs cette fréquentation lui rappelant que les nazis torturent ls juifs en All. Si Sol se sent parfois coupable envers ses "frères", ce sentiment est insuffisant pr arrêter cette marée d'amour qui submerge complètement les amants.

Lorsqu' Adrien , le mari revient de la mission, les amants fuient et se réfugient ds un palace à Agay. Adrien tente de se suicider. Au
début le charme opère tjs ms un incident va marquer une rupture ds cette vie idyllique: Ariane est désireuse de nouer des contacts sociaux. Or, Solal apprend qu'il est discrédité auprès de la SDN; on le considère comme le "coreligionnaire de Dreyfus".
Pour empecher Ariane d'apprendre la vté , Sol va quasiment la séquestrer. Les contacts sociaux qu'ils méprisaient pourtt vt terriblement leur manquer, l'amour va tt doucement s'asphyxier. Ils s’ennuient, Sol se sent coupable, il souffre et devient méchant

Ds un dernier sursaut d'espoir, ils achètent une maison ms l'élan est brisé, Sol frôle la torture: tous deux se droguent et finissent par se suicider ensemble, ultime moyen de sauver un amour désormais condamné.

UNE HISTOIRE D AMOUR A LA FOIS SUBLIME ET HORRIBLE….

Ls longues pages décrivant les manoeuvres de séduction, les 1ers tps de l'amour sont vibrants d'originalité, de sensibilité et de sensualité. Par contre, le récit de la lente désagrégation de cet amour est extrêmement douloureux et culminent ds les derniers pages proprement insupportables.
Albert Cohen semble avoir voulu démontrer les effets néfastes d’une passion dévorante et coupable, se posant en moraliste extérieur. A moins qu’il traduise ds ce roman une souffrance toute personnelle…

…QUI A POUR CADRE UN RESERVOIR INEPUISABLE DE THEMES

A coté de l’histoire d’amour et servant de cadre à celle-ci, ds thèmes st dvppés, analysés parfois ac une gde férocité : la bureaucratie, l’arrivisme social, la condition précaire ds juifs. « On peut le voir comme un pamphlet vs la persécution nazie, un traité de séduction pour vieux play-boys à la Restif de la Bretonne , une critique du couple moderne et de la jalousie proustienne […] une caricature de la bgeoisie désoeuvrée et narcissique (Ariane, personnage à a la fois attendrissant et ridicule…) » [Dernier inventaire avant liquidation Frédéric Beigbeder]

UN MONUMENT LITTERAIRE

- « Force d’une écriture complètement libre à la fois très cynique et très romantique, Cohen l’appelait sa ‘ prolifération glorieusement cancéreuse’ Il faut savoir qu’Albert Cohen n’a pas écrit ce livre ms l’a dicté pdt 14 ans à sa secrétaire puis à sa femme Bella, ce qui explique certaines longueurs comme els monologues d’Ariane dans sa baignoire »
- Une œuvre bouillonnante de jeunesse dt l’auteur a 61 ans
- « Humour juif, à la fois humble et orgueilleux, ridiculisant ss frères et magnifiant leur souffrance »
- Polyphonie : « La polyphonie dans Belle du Seigneur sera appréhendée dans ses aspects internes et externes. Internes, car de multiples relations dialogiques et dialogales vont s'instaurer à l'intérieur de texte, entre les voix des divers personnages, entre les voix des divers narrateurs, et entre les voix des personnages et des narrateurs. Externes, car la polyphonie met évidemment en jeu l'intertextualité sous toutes ses formes. »
(Claire Stolz, La polyphonie dans Belle du Seigneur d'Albert Cohen, p. 14, Honoré Champion, 1998.)

EXTRAITS

« Juliette aurait-elle aimé Roméo si Roméo avait eu quatre incisives manquantes, un grand trou noir au milieu ? »

« Oui, Bach, Mozart, Dieu, elles commencent toujours par ça. Ça fait conversation honnête, alibi moral. Et quinze jours plus tard, trapèze volant sur le lit. »


" Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient. "
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Belle du seigneur
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