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 Balançage de fiches...

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AuteurMessage
Léa



Nombre de messages : 18
Date d'inscription : 06/09/2006

MessageSujet: Balançage de fiches...   Dim 10 Sep - 22:55

Bon, en réponse à l'appel lancé par admin, je me suis dit qu'en tant que cube je me devais de balancer mes petites fiches...Je tiens quand même à prévenir que ça n'a stictement rien à voir avec le méga exposé sur la Chartreuse de Parme (en même temps moi je suis rescapée d'un petit lycée de Versailles qui fait un admissible dans les grosses années...). Mon prof avait adoré (mais en même temps c'était un atardé mental qui trouvait que Les lettres Philosophiques étaient tout à la fois riches et lyriques et qui nous a filé la métaphore de la nourriture pendant toute une correction de dissertation: "certes Voltaire évoque les Quakers mais ce n'est là qu'une mise en bouche, qui nous permet de savourer...enfin vous avez compris)

Au final je vous conseille donc de les remanier un peu...ça serait sûrement mieux. Very Happy




Le secret dans une oeuvre de votre choix
Le sens profond de la tragédie racinienne est beaucoup moins la faute, l’amour incestueux que l’aveu. Le tragique dans Phèdre correspond à l’apparition de la parole, au silence rompu.
Tout l’enjeu de cette étude consistera donc à souligner comme une œuvre théâtrale dont le fondement même semble la parole, peut en réalité être le fondement de la pièce.
Ainsi, nous étudierons dans un 1er temps dans quel mesure le secret de Phèdre est le centre de la tragédie ; puis nous analyserons dans un 2ème temps les autres figures du secret.


I Phèdre et son secret : le cœur de la tragédie.

A Le silence ou la liberté de Phèdre.
En effet, dès le début Phèdre se sait coupable ; or ce qui fait problème c’est son silence : c’est là que réside sa liberté. Dès la scène 3 de l’acte I, Phèdre est résolu à se laisser mourir sans aucun mot d’explication.
Or Phèdre dénoue ce silence 3fois : devant Oenone (I,3), devant Hippolyte (II,5) et devant Thésée (V,7) et ce avec une gravité croissante.
Sans le dénouement de ce silence la pièce de théâtre ne pourrait avoir lieu, il n’y aurait aucun nœud tragique.

B Des aveux à la gravité croissante : une marche lente vers la mort.
De l’un à l’autre aveu, Phèdre approche d’un état toujours plus pur de la parole :


  • la 1ère confession est encore narcissique : Phèdre se dénoue à elle-même puisqu’elle parle à Oenone qui peut être considérer comme son double maternel. Cherchant et faisant sa propre histoire, la confidence de Phèdre est épique.
  • la 2nde est marquée par le jeu : Phèdre représente au sens théâtrale, son amour à Hypolyte, son aveu est dramatique.
  • la 3ème fois elle se confesse publiquement devant celui qui par son seul être a fondé la faute ; sa confession est purifiée de tout théâtre : Phèdre peut mourir, la tragédie est épuisée.


C Analogie entre Phèdre et son silence.
Le silence de Phèdre est donc torturé par l’idée de sa propre destruction ; Phèdre est son silence même : dénouer ce silence, c’est mourir, mais aussi mourir ne peut être qu’avoir parlé.
Avant que la tragédie ne commence, Phèdre veut déjà mourir mais cette mort est suspendue : silencieuse, Phèdre n’arrive ni à vivre ni à mourir : seul la parole va dénouer cette mort immobile et rendre au monde son mouvement.



II Les autres figures du secret.
A Hippolyte.
Il est comme Phèdre, contraint par la terreur de parler : aimer c’est être coupable devant Thésée qui lui a interdit de se marier. Aimer et dire son amour est le même scandale pour Phèdre que pour le jeune homme. En ce sens, Théramène joue auprès d’Hippolyte le même rôle qu’Oenone auprès de Phèdre.


B Un mutisme plus archaïque.
Des différences affectent les deux personnages : alors que le silence d’Hippolyte est d’essence, celui de Phèdre n’est que de situation.
La contrainte orale d’Hippolyte est donné comme une contrainte sexuelle : il est muet comme il est stérile. Il est refus du texte, antinature, stérilité dirigée de toute évidence contre son père dont il dénonce la vie anarchique.
Ainsi, la sexualité est un double du silence ou plutôt un double inversé : la chair comme la parole contamine, conduit à la mort, dégoûte : ainsi le seul regard de Phèdre corrompt il Hippolyte et son épée devient répugnante dès qu’elle l’a touchée (III,1).
En ce sens, Phèdre apparaît non seulement comme une tragédie de la parole enfermée mais également de la Vie retenue. Car la parole apparaît comme un substitut de la vie : parler c’est perdre la vie ; par l’aveu, par la parole dénouée, c’est le principe même de la vie qui semble s’en aller. Parler c’est se répandre et par la même se châtrer.


C Un secret qui tend pourtant inéluctablement à son expansion.
En ce sens, Phèdre apparaît également comme une tragédie de l’accouchement. Ainsi Oenone est vraiment la nourrice, celle qui veut libérer Phèdre de sa Parole à n’importe qu’elle prix, celle qui extrait de sa maîtresse la langage.
Cette fermeture intolérable de l’être, qui est comme nous l’avons vu à la fois mutisme et stérilité, est également l’essence d’Hippolyte. Plusieurs personnages ambitionnent de jouer auprès de lui le rôle d’Oenone auprès de Phèdre :


  • Aricie (II, 1) souhaite " fléchir un courge inflexible " et " porter la douleur dans une âme insensible ".
  • Phèdre entend également jouer ce rôle : comme sa sœur Ariane elle veut conduire Hippolyte de la caver ne au jour (II,5).

Conclusion :
Il apparaît donc que la Parole est terrible et ce pour la bonne raison qu’elle est acte, que le mot est puissant, performatif. Surtout, elle est irréversible : Oenone renonce à annuler l’aveu de Phèdre, elle s’emploie au contraire à le retourner, à le transférer d’un personnage à un autre.
Phèdre propose donc un identification de l’intériorité à la culpabilité. Dans Phèdre, les choses ne sont pas cachées parce qu’elles sont coupables (c’est là la vue prosaïque d’Oenone) ; les choses sont coupables du moment même où elles sont cachées. La culpabilité de Phèdre c'est à dire l’inceste est en somme une construction postiche destinée à naturaliser la souffrance du secret, à transformer utilement la forme en contenu.
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annaelle



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Date d'inscription : 10/09/2006

MessageSujet: Re: Balançage de fiches...   Jeu 14 Sep - 21:20

Merci bcp c'est toujours utile et l'avantage de ta fiche c'est qu'elle montre un sujet traité pcq je sais pas trop cmt appréhender un sujet de culture G (connaître des oeuvres c'est bien beau ms cmt faire ressortir ce qui correspond EXACTEMENT au sujet et l'articuler avc le thème gl...) Merci! Very Happy
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