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 les amours de Fabrice 3e p (dsl ca rentrait pas)

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antoinepetit

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Nombre de messages : 69
Date d'inscription : 10/09/2006

MessageSujet: les amours de Fabrice 3e p (dsl ca rentrait pas)   Dim 10 Sep - 20:24



III- Fabrice et Clélia ou Enfin… De L’amour (essai de Stendhal)



Dans cette dernière partie, nous allons parler de l’apogée amoureux de Fabrice dans son cheminement amoureux à savoir l’amour vrai et sincère qu’il ressent pour Clélia.



a) Une rencontre déterminante



Ici le topos de la rencontre amoureuse intervient puisque l’on peut lire (cf. 150). On peut donc remarquer qu’est annoncé dès leur première rencontre les grands traits de cette passion : l’importance du regard, l’autorité environnante, le sauvetage réciproque, et la prison de l’amour qui aliène.



b) un amour prisonnier



On remarque donc que dès lors première rencontre, la passion des deux jeunes gens est encadré par l’autorité, on retrouvera cela avec l’emprisonnement de Fabrice. Paradoxalement, le lieu de séquestration physique devient de lieu de découverte et de gestation de l’amour, le lieu de naissance d’un nouveau Fabrice, de son identité profonde. Cet amour est nourri par un conditionnement particulier et une addition d’éléments tels que :

- l’élévation :permettant la lecture plus lucide du sentiment et de l’être

- la méditation : sur soi, sur l’être aimé

- la claustration cadre et fondation presque de cette histoire d’amour.

Ce cadre de la prison romantique permet à Fabrice et Clélia, par la séparation même, d’être au plus près l’un de l’autre, car coupé du monde, leurs pensées ne font que se tourner vers l’autre justement.

Fabrice, héros plein d’idéaux comme la gloire, le destin, semble transformer cette prison en idéal de prison romantique.



c) Un idéal …



Car c’est justement par l’idéal de la romance que l’on distingue ici un parallèle avec l’amour courtois. Fabrice prend pour frère Perceval, héros, comme lui, et auquel il ressemble par tant d’aspects, comme son ingénuité, ses parcours initiatiques, sa lignée illustre et…son amour courtois. Dans la Chartreuse, l’amour courtois, c’est l’amour à distance comme deux enfant réinventant bien facilement un mode de langage (par les phrases du piano, les alphabets (irréalisme)), l’éloignement étant au service du rêve et de l’idéalisation de l’être aimé (chose que l’on voit nettement avec M. de Nemours dans la Princesse de Clèves ; comme Fabrice, il loue un appartement face aux quartiers de sa dame pour mieux la voir sans être vu et mieux l’aimer , l’amour de loin, (l’abat-jour) ; d’ailleurs il est à noter tous les verbes témoignants du jeu des regards : une préoccupation : « verrai je Clélia ! »), c’est aussi l’attente de la déclaration, de la transformation et de l’analyse des sentiments… « comme un héros des temps de chevalerie, il pensa un instant à Clélia. Comme je suis différent du Fabrice léger et libertin qui entra ici il y a neuf mois ». Pour Clélia, l’idéal est plus oriental : « avoir le tapis magique, enlever Fabrice de la citadelle et me réfugier en quelque pays heureux » allusion aux Milles et Une Nuits. Le chiffre est symbolique, Clélia sera la mère qui le préservera dans le cocon, mois pendant lesquels se forment un nouvel être, alimenté par cette corde cordon ombilical qui apporte eau fraîche et chocolat. Tout ceci enveloppant de merveilleux cette idylle idéalisée

Il est intéressant de remarquer que dans la poésie troubadours du Moyen Age, il était fréquent de comparer l’amant comme prisonnier de ses sentiments pour sa dame ; Stendhal l’a appliqué strictement, car si Fabrice aime, c’est grâce et par la prison, il est prisonnier de Clélia dans tous les sens du terme et c’est Fabrice qui volontairement s’emprisonne dans son amour, allant jusqu’au renoncer à la liberté trop terne sans l’aimée (« un seul être vous manque et tout est dépeuplé »Lamartine in Méditations) pour retourner dans ce doux cocon… Paradoxalement, la liberté de Fabrice réside dans son enfermement et, la claustration réelle, c’est la passion de Gina.

Par ailleurs, remarquons aussi combien l’auteur joue avec la tradition héroïque; dans la Chartreuse, le héros sauveur devient le héros sauvé, et au lieu de délivrer sa dulcinée de la plus haute salle de la plus haute tour, c’est elle qui le sauve de sa cellule. L’inversion est complète dans ce topos de l’amour sauveur.

Le thème de l’amour secret qui accompagnait déjà l’idylle de Mme de Rênal et de Julien y est aussi présent, particulièrement lorsque Fabrice est sorti de prison ; cf. ressemblance hardiesse « peut être pourrai-je parler à Clélia, j’oserai lui baiser la main. » . Conscient du conditionnement particulier de leur amour dans un cadre bien défini, les deux amants vont jusqu’à recréer cet état de claustration et les difficultés de se voir, la distance à remettre quand elle ne s’impose plus d’elle même aux amants lors de l’épisode de l’Orangerie notamment, afin de retrouver l’âge d’or de leur passion : .p.603

retour des grands thèmes déroulés précédemment.



d) Un amour interdit



. Si Fabrice aime les présages enfant, scrutant les étoiles, on peut voir combien les oiseaux de Gina sont augures de bonheur même dans l’enferment



Cette passion est aussi marquée de l’interdit, interdit pour Fabrice d’aimer, étant ecclésiastique, et interdit pour Clélia, qui fait voeu devant Dieu et la Madone de ne plus jamais voir Fabrice ; de plus, aimant le prisonnier, elle a le remords de trahir son propre père. Son amour lui fait jouer avec ce serment qu’elle manipulera dangereusement. « il y a du péché dans notre amitié, je ne doute pas qu’il ne nous arrive malheur », ils bafouent la moralité, l’ordre divin, au nom de l’amour » C’est le remords qui pousse Clélia à se marier pour se racheter, en vain. Leur sort est scellé par cet enfant Sandrino, qui va être le martyre de cet amour, comme Fabrice, son père civil n’est pas son vrai père… qui parallèle comme celui de Mme de Rênal, semble mourir par les remords de sa mère. Clélia n’y survit pas, et Fabrice ne tarde guère à la suivre.















Conclusion :



Des amours de fabrice, nous pouvons retenir son parcours mouvementé qui passe du volage à « l’amour divin » en frôlant l’inceste. Son amour fatal et impossible pour Clélia fait entrer ce couple dans la tradition légendaire des amants maudits Roméo-Juliette ; Tristan-Iseult ; Julien-Mme de Rênal. « je mourrai avec toi » lui avait elle dit… effectivement elle « eut la douceur de mourir dans les bras de son ami ».

Ces amours ont eu une influence considérable sur les personnages principaux, comme le dit Philippe Berthier : « Gina s’assombrit, Fabrice s’approfondit, Clélia s’élargit »

On peut se demander :aurait-il aimé Gina si elle avait été pour lui ce que Mme De Rênal était pour Julien : une étrangère. Gina lui ressemble plus mais n’avait il pas besoin en contre partie de son caractère italien tout la tempérance de Clélia ?

Biens des question se posent et si nous devions donner notre avis pour savoir qui de Gracq ou de Berthier qualifie le mieux ces Amours de Fabrice… nous n’aurions qu’à retenir une de ses propres paroles :



« Il n’y a que l’amour et le bonheur qu’il donne, qui soient choses sérieuses en ce monde »
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