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 L'art du roman Kundera

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Danielle

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Nombre de messages : 126
Date d'inscription : 05/09/2006

MessageSujet: L'art du roman Kundera   Mar 17 Oct - 0:31

Une des questions fondamentales sur lesquelles le roman en tant que tel est fondé : Par quoi le moi peut il être saisi ?

Tous les romans de tous les temps se penchent sur l’énigme du moi.
Au commencement, l’action est comprise comme autoportrait de celui qui agit ,

Contre exemple de Diderot : Jacques le fataliste séduit la fiancée de son ami, il se soule de bonheur, son père lui file une raclée, un régiment passe par la , de dépit il s’enrôle, à la première bataille il reçoit une balle dans le genou et boite jusqu’à sa mort . Il ne peut jamais se reconnaître dans son acte. L’homme veut révéler par l’action sa propre image, mais cette image ne lui ressemble pas. Une des grandes découvertes du roman, c’est le caractère paradoxal de l’action.

Si ce n’est pas par l’action comment saisir le moi ?

Au milieu du 18ès Richardson a lancé le roman sur la voie de l’exploration de la vie intérieure de l’homme

On se penche alors sur l’invisible de la vie intérieure, Richardson découvre la forme du roman par lettres ou les personnages confessent leurs pensées et leurs sentiments.
Ses continuateurs : Constant, puis Stendhal et les écrivains de son siècle.
Apogée de cette évolution : Proust et Joyce. Joyce analyse le moment présent qui nous échappe complètement. Il met un micro dans la tête de Bloom. Chque instant représente un petit univers, irrémédiablement oublié à l’instant suivant. Or, le grand microscope de Joyce sait arrêter, saisir cet instant fugitif et ns le fr voir.

Mais la quête du moi finit encore par un paradoxe : plus gde est l’optique du microscope qui observe le moi, plus le moi et son unicité ns échappent.Mais alors peut on saisir le moi et son caractère unique ? Non , la quête du moi finira tjs par un paradoxal inassouvissement.

Kafka ouvre une orientation post proustienne au roman. K. est défini ni par son apparence physique, ni par sa biographie (on ne les connaît pas), ni par son nom ((il n’en a pas), ni par ses souvenirs ses penchants, ses complexes. Par son comportement ? le chps libre de ss act° est lamentablement limité. Par sa pensée intérieure ? Oui, Kafka suit sans cesse les réflexions de K. Mais celles-ci sont exclusivement tournées vers la situation présente : qu’est ce qu’il faut faire là ds l’immédiat ? Aller à l’interrogatoire ou s’esquive ? Obéir à l’appel du prêtre ou non ? Tte la vie intérieure de K. est absorbée par la situation où il se trve piégé rien de ce qui pourrait dépasser cette situation (svnirs, réflexions métaphysiques…) ne ns est révélé.

Quelles sont encore les possibilités de l(Homme ds 1 monde où ls déterminat° ext st devenues si écrasantes que ls mobiles intérieurs ne pèsent plus rien ?

Le monde est devenu un piège. , il se referme subitement autour de ns.

Le poids du moi dépend de la qté de population sur la planète selon Kundera. Ds la nouvelle le Jeu de l’auto stop , la jeune fille, ds les derniers paragraphes du

récit est tellement perturbée par l’incertitude de son identité qu’elle répète en sanglotant : « je suis moi, je suis moi, je suis moi… »


Le roman n’est pas philosophie
La philosophie développe sa pensée ds un espace abstrait, sans personnages, sans situations.

Kundera dit que ss romans ne st pas psycho. Alors quelle est la façon non psycho de saisir le moi ? Kundera ne montre pas ce qui se passe ds la tête de Jaromil , mais montre ce qui se passe dans sa propre tête : dans la vie est ailleurs il observe longuement son jaromil, tache d’approcher pas à pas le cœur de son attitude, pour la comprendre ,la dénommer, la saisir .

Par ex, le timide Jaromil est encore puceau. Un jour, il se promène ac son amie qui, tt à coup pose sa tte sur son épaule. Il est au comble du bonheur et mm physiquement excité. A partir de la il tache de saisir l’érotisme de Jaromil : « une tête de jeune fille signifiait pr lui plus qu’un corps de jeune fille » Il essaie de donner un nom à cette attitude et choisit le mot tendresse. Il réfléchit sur le mot même : « la tendresse, c’est créer un espace artificiel où l’autre doit être traité comme un enfant »


Kundera : le moi est déterminé par l’essence de sa problématique existentielle

La longue tradition du réalisme psychologique a créée quelques normes quasi inviolables :
1) il faut donner un max d’infos sur un personnage : apparence physique, façon de parler et de se comporter
2) il faut faire connaître le passé d’1 perso, car c la que se trvent ttes les motivations de son comportement présent
3) le personnage doit avoir une totale indépendance, cad que l’auteur et ss propres considérations doivent disparaître pr ne pas dérange le lecteur qui veut céder à l’illusion et tenir la fiction pr la réalité.

Or, Musil a rompu ce vieux contrat conclu entre le roman et le lecteur. Que savons nous d e l’apparence physique d’Esch, le plus gd personnage de Broch, Rien. Sauf, qu’il a de gdes dents. Que savons nous de l’enfance de K. ou de Chveik ? D’autre part, ni Musil, ni broch, ni Gombrowicz n’ont aucune gêne à être présents ds leur roman.

Le personnage n’est pas une simulation d’un être vivant. C’est un être imaginaire .Un ego expérimental.
Don quichotte est quasi impensable comme être vivant .

L’imagination du lecteur complète automatiquement celle de l’auteur .

Dans l’Insoutenable légèreté de l’être. Tomas est le mari de Teresa. Kundera ne raconte rien de son enfance, ni de son père, mère, famille ; son corps et son visage ns restent complètement inconnus psq l’essence de sa problématique existentielle est enracinée ds d’autres thèmes

Le roman est une méditation poétique sur l’existence


Comment concilier l’intérêt pour l’Histoire de la sté et la conviction que le roman examine avt tt l’énigme de l’existence ? L’homme et le monde st liés comme l’escargot et sa coquille : le monde fait partie d e l’homme, il est sa dimension et au fur et à mesure que le monde change, l’existence change aussi. Depuis Balzac, les vies ds perso se déroulent ds 1 espace du tps jalonné de dates.

Mais il ne faut pas confondre deux choses : il y a d’un coté le roman qui examine la dimension historique de l’existence humaine et de l’autre coté le roman qui est l’illustration d’une situation historique , la description d’une sté à un moment donné, une historiographie romancée.

La seconde= une vulgarisation qui traduit une connaissance non romanesque ds le langage du roman. Or, la seule raison d’être du roman est de dire ce que seul un roman peut dire .

La façon de Kundera de traiter l’Histoire : il fait une économie maximale ds circonstances historiques. Il ne retient que celles qui créent pour ses personnages une situation existentielle révélatrice.

Par exemple, dans La Plaisanterie, Ludvik voit ts ses amis lever la main pr voter, ac une totale facilité, son exclusion de l’université et faire ainsi basculer sa vie, il est sur qu’ils auraient été capables, si nécessaire, de voter avec la mm facilité sa pendaison. D’où sa def de l’homme : un ê capable d’envoyer son proch1 à la mort ds n’importe quelle situation L’exp anthropologique fondamentale de Ludvik adonc ds racines historiques, mais la description de l’Histoire elle mm (le rôle du Parti,, les racines politiques de la terreur etc…) ne l’intéressent pas.


L’historiographie écrit l’histoire de la sté , non pas celle de l’Homme

Non seulement la circonstance historique doit créer 1 situation existentielle nouvelle pr 1 personnage du roman, mais l’Histoire doit en elle mm être comprise et analysée comme situation existentielle. Elle ne doit pas ê un arrière plan mais ê en elle mm une situation humaine.

Dans l’insoutenable légèreté de l’être , Alexandre Dubcek, après avr été arrêté par l’armée russe, kidnappé, emprisonné, menacé, contraint de négocier ac Brejnev, rentre à Prague. Il parle à la radio, mais il ne peut pas parler , fait de longues pauses au milieu de ses phrases. Ce que révèle pr Kundera cet épisode historique , c’est la FAIBLESSE.

Le roman est une prolongation de l’Histoire

Jaroslav dans la Plaisanterie, prolonge l’Histoire millénaire de l’art pop à l’époque où celui-ci est en train de disparaître.

Le roman n’examine la réalité mais l’existence

L’existence n’est pas ce qui s’est passé , c’est le chps de possibilités humaines, tt ce que l’homme peut devenir, tt ce dont il est capable. Les romanciers découvrent dc telle ou telle possibilités humaines.

Chez Kafka tt cela est clair : le monde kafkaïen ne ressemble à aucune réalité connue, il est une possibilité extrême et non réalisée du monde humain. Il semble préfigurer notre avenir

Conclusion : le romancier n’est ni historien ni prophète ; il est explorateur de l’existence
[b]
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