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 Début du vrac sur Molière et genres (1)

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Ama

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Date d'inscription : 05/10/2006

MessageSujet: Début du vrac sur Molière et genres (1)   Ven 13 Oct - 23:03

LE RIRE ET LES MŒURS : Molière et la vulgate de la poétique comique

Vulgate= version latine de la Bible due principalement à Saint-Gérome (IV-V s.) et adoptée par le concile de Trente en 1546 comme version officielle de l’Eglise catholique.

Comique : écartèlement,dualité irréductible marquée en Grèce entre Aristophane et Ménandre, à Rome entre Plaute et Térence. Dualité retrouvée en Europe : en Italie entre la commedia dell’arte et la commedia sostenuta puis en France entre la farce de tradition gauloise ( ensuite transfigurée par l’influence de la commedia dell’arte) et la comédie d’intrigue de tour romanesque, voire galant (influence de la commedia sostenuta et de la manière espagnole).

La comédie d’intrigue : double influence donc farceuse d’un côté, galante et romanesque de l’autre  la renaissance de la comédie en France au XVIIè tendra à la réconciliation entre ces deux tendances sinon danger : abandon de toute profondeur dans une farce grossière ( « la vis comica » : vigueur de la pure hilarité) et abandon du rire dans la comédie d’intrigue en devenant lourdement moralisatrice (le rire n’y est plus qu’élément surajouté, artifice. L’ « oratio morata », discours sur les moeurs et caractères du temps le long d’une intrigue élégante à peine souriante).

Originalité de Molière :
°Va fédérer les acquis de la farce et ceux de la comédie humaniste  naissance d’une esthétique comique ( définition d’un modèle de comédie classique accomplissant les ambitions de la poétique du classicisme antique et moderne. Mais va emprunter d’autres voies que les poéticiens classiques pour ce faire). Cf querelle de l’Ecole des femmes, car, sans l’énoncer, la théoriser, a créé une esthétique du rire de vraisemblance qu’il désigne par le terme large de « ridicule ».

° le rire de vraisemblance : v.s. mesuré, modéré par les exigeances de la bienséance et les principe du vraisemblable (Molière is not Térence). Rire aussi franc que celui de la farce mais le rire devient un instrument éthique de révélation des essences (aléthéia) : restitution dans une épure (= représentation d’un objet par sa projection sur trois plans perpendiculaires) absolue de la vérité et de la réalité.

° Comment ? En prélevant ac discernement et en combinant avec fermeté et densité les déformations risibles que la réalité offre en spectacle  considération : l’homme est par essence ridicule ( cf idéal cicéronnien : « une difformité marquant et révélant la laideur d’une manière non laide » in De Oratore, II, 236  Molière= renouveau de la pratique mais retour au principe théorique initial). Car le vrai peut dépasser les limites du vraisemblable. Stylisation du réel en poésie supérieure des essences.


Baudelaire, De l’Essence du rire
Texte inspiré par les caricatures. Première ébauche de ce que sera l’art du clown.
Oppose à la suite de Hugo le rire significatif et le rire absolu.
Rire significatif : celui du sujet intelligent qui juge.
Rire absolu : celui du véritable artiste ( cf Rabelais), rire qui présuppose un abandon, une mise en congès de l’intelligence et du jugement. Se coué par quelque chose de presque bestial. Spectacle du grotesque ( dérisoire ?).

Le rire significatif naît du sentiment de supériorité de l’homme sur l’homme.
Le rire absolu naît du sentiment de supériorité de l’homme sur la nature  exorcise l’angoisse, conjure la mort.
Description de la première pantomime anglaise qu’il a vu jouer.
Quelques redoutables citations :
« Il m’a semblé que le signe distinctif de ce genre de comique était la violence. »
« Et toutes choses s’exprimaient ainsi dans cette singulière pièce, evc emportement ; c’était le vertige de l’hyperbole. »
« C’était vraiment une ivresse de rire, quelque chose de terrible et d’irrésistible. » ( premier sens de terrible : qui inspire la terreur.
« La pantomime est l’épuration de la comédie ; c’en est la quintessence ; c’est l’élément comique pur, dégagé et concentré. Aussi, avec le talent spécial des acteurs anglais pour l’hyperbole, toutes ces monstrueuses farces prenaient-elles une réalité singulièrement saisissante. »
Une fée balade sa baguette dans l’air :« Aussitôt le vertige est entré, le vertige circule dans l’air ; on respire le vertige (…) Qu’est-ce que ce vertige ? C’est le comique absolu ; il s’est emparé de chaque être. » Léandre Pierrot et Cassandre font à leur tour des grds geste : « Ils s’exercent au grand désastre et à la destinée tumultueuse qui les attend. » C’est un « délire ».
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